De Faro à Cadiz
- so51seayou
- 18 janv.
- 6 min de lecture

De retour avec Geoffroy le 20 juillet sur Sea You pour atteindre en fin de séquence Almerimar, en Méditerranée où le voilier va hiverner. Le contact a déjà eu lieu avec le capitaine du port, Fumi. Pendant longtemps, j'ai pensé que ce prénom était féminin. Je me suis trompé et je vous l'expliquerai lorsque nous y serons !
Nous sommes partis de Nantes où nous avons laissé la voiture, quittant la Bretagne sous un temps breton.

Nous sommes en juillet... donc il fait beau et chaud à Faro (quelle contrepèterie !). Tout est nickel, sauf que j'ai cassé la carte magnétique pour franchir la porte d'entrée. Ce n'est pas bien malin un dimanche : la porte principale est fermée toute la journée et le flux d'entrées / sorties est faible. Nous finissons par croiser un Allemand et sa femme qui ont la gentillesse de nous laisser entrer et d'ouvrir les toilettes, eux aussi commandés par cette fameuse carte. Au passage, ils nous donnent leur numéro de téléphone pour les appeler à notre retour si nous sortons de Nave Pegos.
Nous embarquons nos impedimenta à bord et partons à la redécouverte de la ville. Nous rentrons dans l'après-midi, appelons notre Allemand qui ne répond pas. Nous voilà bien ! Assis sur une borne à l'ombre, on attend la bonne âme qui nous fera profiter de l'ouverture de la porte et nous dînons dans un centre commercial immense où nous ferons les appro demain.
Etape 1 : Nuit à Culatra
La matinée du 22 est donc mise à profit pour réaliser ces appro, refaire un peu de gasoil, en d'autres termes faire deux aller-retours avec 2 bidons de 20l pour avoir le réservoir plein et disposer d'une réserve. Nous avons de la chance, la chaleur n'est pas trop forte.
A 14h30, l'équipe du chantier est au pied du voilier pour débuter les opérations de remise à l'eau en profitant de la marée haute de l'après-midi. Nous avions réservé avec Joana ce créneau lors de la sortie de l'eau en mai dernier. Nous avons le même chef d'agrès qu'en mai dernier. Il arrive avec le sourire entendu de celui qui connait et donc avec le lot de cales à placer sous la roue pour pouvoir passer au-dessus de l'éolienne sans la démonter.
Une fois dans l'eau l'inspection des vannes et du presse-étoupe est effectuée. Le presse-étoupe Volvo fuit... pas beaucoup mais inhabituellement. Le mécanicien du chantier vient jeter un coup d'oeil triture le caoutchouc. Me montre que c'est à cause de petites algues et que ce n'est pas grave... Je ne peux pas dire que je possède son même flegme car la mise en marche avant déclenche de nouvelles fuites. Il revient triturer le manchon et repart tout aussi serein.
Le second voilier est mis à l'eau. C'est une grosse unité classique. Puis nous larguons les amarres, je suis moyennement enthousiaste de partir avec cette fuite sur le presse-étoupe. Mais bon... si ca ne se passa pas bien, nous ferons demi-tour. Et ca se passe bien......
Petite analyse : c'est la première fois que nous sommes confontés à ce type de fuite, cela n'a pas eu l'air d'inquiéter le mécano. La question sousjacente qui demeure et celle de savoir comment ces algues ont pu se glisser dans le manchon. Il ne faut pas chercher longtemps la réponse : lorsque nous nous sommes échoués en mai dernier à l'aplomb de la bouée 23, j'ai mis le moteur en marche arrière pour tirer le voilier de la vase et je suppose que c'est à ce moment-là que le lot d'algues s'est faufilé.

Guidés par le canot du chantier, nous avançons dans le dédale des perches qui tracent le chenal du chantier vers le bouée 23. Celui-ci passe au milieu d'un mouillage de petites embarcations serrées les unes proches des autres. Maintenant, je saurai y aller seul... derrière suit le second voilier. A la fameuse bouée, nous croisons les deux voiliers montent vers le chantier et poursuivons la descente du chenal vers Culatra.
Vigilance pour ne pas s'échouer une seconde fois, calme du plan d'eau, beauté des paysages sont les trois caractérstiques qui qualifient ce moment.
Nous arrivons devant le port de Culatra en fin d'après-midi et mouillons au milieu des voiliers, assez nombreux sans pour autant souffrir de promiscuité. Chaque voilier dispose de son aire pour pouvoir éviter, une fois crochée, l'ancre retient bien les voiliers. Le seul petit bémole de ce mouillage est celui de se trouver parfaitement sous la trajectoire des avions au décollage ou à l'atterissage de Faro. Néanmoins, à 5,5 nm, les aviosn dans un sens ou dans l'autre sont encore ou déjà suffisamment hauts.
Il est temps d'aller faire un tour à terre, maintenant mainenant que je peux faire croire que je connais !!! Geoffroy et moi dînons dans le restaurant que Cécile et moi avions testé en mai : pas de surprise bien au contraire. Comme la première fois, le restaurateurs commence par nous expliquer qu'il est complet, puis se ravise et nos propose une table en extérieur. Il faut simplement avoir le temps. C'est un peu notre cas. Nous ne prendrons aps le train ce soir. Le dîner est plaisant, le steack de thon rouge un régal.

Etape 2 : de Culatra à Cadix

Nous avons décidé de nous remettre en route dès potron-minet car la journée qui s'annonce sera longue et sans vent. J'espère quand même que lorsque nous redescendrons la cote en direction du sud, du côté de Huelva, nous pourrons toucher une petite brise de jour...
L'idée générale de la route que nous avons établie, même si nous ne l'avons pas tenu au départ, est de longer la côte en restant dans la ligne des 20 m, notamment si nous sommes seuls. C'est une mesure de précaution vis à vis des interactions avec les orques qui semblent présents ces jours-ci dans la zone de Gibraltar. Je ne sais pas si cela sert à quelque chose mais faire, c'est toujours se donner l'impression que l'on gère. la radio est banchée sur le canal 16, lequel est bien calme.

Ce départ à l'aube est magnifique. Le plan d'eau ressemble à un miroir et les vagues d'étrave dessinent des mouvements parfaits jusqu'à rencontrer la côte. L'itinéraire est simple : Sea You longe l'île de Culatra jusqu'à l'entrée de la lagune matérialisée par la barre qui est habituellement présente dans cette zone. Nous la franchissons vers 7h00, après avoir traversé une nuée de petits pécheurs équilibristes qui, dançant sur les vagues sur leurs frêles esquifs, sont à l'oeuvre dans l'embouchure de la pointe Sainte Marie. A nous de nous confonter aux vagues verticales et scélérates de la barre qui tentent de maltraiter le voilier. Aussi vite entrés dans la machine à lavé, aussi vite sortis dans le calme de l'océan.

Nous prenons le cap au 80 en direction générale d'Ayamonte pour suivre la côte. Hormis le bruit du moteur, les conditions sont agréables. Il fait beau, raisonnablement chaud, mais l'inverse n'est pas vrai.
Nous nous organisons pour que cette journée ne soit pas trop longue car il ne va y avoir qu'à veiller la navigation et les orques et à surveiller les paramêtres.
Du sud de Tavira vers Ayamonte, nous longeons des fermes piscicoles et en mer nous apercevons quelques voiliers, pas très nombreux ainsi que des chalutiers. Ces derniers péchent à l'aide de jets skis qui leur permet de fermer leurs filets au moment de la capture.
Les traces des bateaux coupent le golfe du sud-est vers le nord-est et ne témoignent pas de la présence des animaux que nous redoutons. Je décide alors de nous éloigner un peu de la la terre pour réduire un peu la distance à parcourir. Nous restons dans les lignes de sonde qui nous donnent l'impression d'être protéger des orques.
Le voilier est stabilisé sur son cap et fil au moteur sous pilote automatique, on peut commencer le petit déjeuner. En mer, le petit déjeuner est un rendez-vous in se qui rythme la journée. D'ailleurs un peu comme tous les repas en mer... lorsque les conditions permettent de les prendre. C'est le cas aujourd'hui.

C'est un moment de calme dont il faut profiter en le faisant durer qui réduira d'autant cette longue journée.
Après le petit-déjeuner s'enchaine le temps du débarrassage et de la vaisselle avant d'entamer le poste de "propeté" (à dire avec l'accent finistérien). Sea You double l'embouchure du Guadalquivir (Chipiona) toujours au moteur, il reste une quizaine de miles avant d'arriver à destination.
Nous mouillons dans l'anse coincés entre la digue d'El Puerto de Santa Maria et le port de plaisance de Puerto Sherry. Lorsque nous avions fait escale en 2019, le plan d'eau m'avait semblait assez petit ce qui n'est en fait pas du tout le cas. Les trois ou quatre voiliers au mouillage que nous sommes sont très largement espacés.

Avec Geoffroy nous décidons que nous irons à terre demain matin, maintenant que la nuit est tombée.
Nous dînons et nous appretons à passer la nuit avec pour objectifs demain de visiter la ville et de faire quelques appro avant de repartir.
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