De Lagos à Faro
- so51seayou
- 6 janv.
- 7 min de lecture

Etape 1 : Lagos - Albufeira
Nous sommes revenus à Lagos pour le week-end prolongé du 1er mai, avec à l'idée de quitter définitivement ce port. Comme en France, ce premier jour de mai est férié, le bateau est donc mis à l'eau le 02. Le 1er mai permet de faire quelques derniers bricolages. Nous aurions dû quitter Lagos dans la foulée de la mise à l'eau mais lors du gruttage, une antenne VHF a été cassée. Le chantier a pris en compte cette casse avec diligence et rapidité mais le changement s'est terminé en soirée. Nous avons donc décidé de surseoir l'appareillage au lendemain matin.

C'est l'occasion de souligner de nouveau le professionalisme de SOPROMAR qui permet d'hiverner en toute sérénité. Certains ont fait la remarque du prix élevé des prestations. C'est partiellement vrai. Dans tous les cas, les travaux sont réalisés dans les temps, avec des compte-rendus réguliers et le dialogue est facile. Par ailleurs, comme à la Samaritaine, on trouve tout à SOPROMAR, tous les corps de métier. Il n'y a jamais de problème, que des solutions. Pedro Pedras, notre chargé de clientèle a su être arrangeant, nous a fait une réduction sur la nouvelle annexe.
Ce 3 mai, la météo est favorable. Pas très favorable : car il n'y a pas de vent au moment du départ et il n'est pas prévu de tempête aujourd'hui. Avec cette mer d'huile, la sortie de Lagos vers la pointe de Piedade est magnifique.
Initialement nous avions décidé de mouiller à deux encablures de Lagos, dans la lagune d'Alvor. Cependant, eu égard notamment à la marée, nous avons choisi de ne pas entrer dans la lagune et de continuer plus loin.

Nous irons donc à Albuferia, à environ 20 nautiques de Lagos. La côte est régulièrement jalonnée par les abris d'Alvor et de Portimao. S'agissant de notre destination, mon vieux guide Imray ne connait pas le port... je l'ai donc choisi en lisant quelques blogs et en regardant les différentes cartographies.
Pourquoi Albufeira ? D'abord parce qu'on nous en avais dit du bien et que profiterons de cette halte pour faire quelques escapades. Ensuite, c'est à mi-chemin de Faro.
Nous longeons la côte Algarve sous un joli soleil accompagné d'une petie brise. Il n'y a pas foule en mer côté plaisance. Si nous n'étions pas revétu de nos polaires ce serait vraiment l'été avant l'été !
Albufeira se trouve dans un creux de falaise qui n'est pas très facile de le voir à l'approche.

Escale à Albufeira

Cette marina se trouve donc dans un affaissement de la falaise qui coure de Portimao à presque Faro. Elle a été creusée dans une zone qui a peut-être pu être un ancien marais.
Le centre ville est assez loin et pour y parvenir, il faut commencer par faire l'ascension de la falaise. Pour les moins courageux, il y a des taxis et des "Tchuk-Tchuk", des triporteurs conduits par des coursiers qui ont conscience que celui qui emprunte ce moyen est un touriste. Il faut lui appliquer le tarif !
Cette grosse bourgade est surprenante à plusieurs titres : d'abord il y a des quartiers en construction abandonnés par les promoteurs et ensuite, les ensembles historiques sont mêlés aux construction moderne au gout douteux. enfin, si vous avez envie de parler aglais ou allemand, vous trouverez ici votre plaisir.
Excursion à Silves

Hier nous avons mené notre enquête pour savoir comment nous rendre à Silves : par le bus. Le bus est une occasion de découvrir l'arrière-pays en passant par des itinéraires inhabituels. Mais avant, il faut également savoir où se trouve la station de bus dans une ville aussi étendue qu'Albufeira, c'est par taxi que nous nous y rendrons.
Silves se trouve à une bonne heure d'Albufeira. Elle fut une forteresse au XIe ou XIIe siècle, du temps des Maures. Alors que cette ville se trouve dans les terres, à cette époque, la rivière Arade permettait d'y remonter. Le port de Silves avait donc permis, sous la protection de son chateau, de développer une activité commerciale florissante.
Il n'y a plus de port maintenant, la rivière ne permet plus de remonter en bateau jusqu'à la ville. Celle-ci s'est assoupie mais elle reste un joli joyaux.

Ce samedi 4 mai, la cathédrale de Se, construite sur une mosquée maure, participait à sortir Silves de sa torpeur en raison du mariage qui y était célébré. Nous avons pu assister à la sortie de l'église des nouveaux mariés. Il s'agit d'un moment particulier qui permet d'apprécier une partie de la culture locale, tant sur le plan vestimentaire que sur celui des habitudes. Nous avons beaucoup aimé !
Etape 2 : Albufeira - Faro

Sea You quitte Albufeira le 6 mai matin en direction de la lagune de Faro. L'objectif est d'être à marée haute devant le chantier de Nave Pegos après demain vers 15 ou 16h00. Le contact avec Joana a été pris. Elle nous a donné les détails pour la présentation et nous serons récupérés à la bouée 23 par le marinero du chantier.
Au momet de l'appareillage, le temps est gris mais les nuages sont à haute altitude, le vent est faible, mais eu égard à la distance à parcourir (une vingtaine de nautiques) et au créneau de passage du franchissement de la barre à l'entrée de la lagune au cap de Sainte Marie, on laisse le voilier courrir à la voile.
La grisaille laisse place à un soleil agréable, le vent se renforce et pousse Sea You vers sa destination finale. La barre est passée sans difficulté le voilier bien appuyé par le vent malgré un courant déjà assez fort. Nous obliquons vers la droite en direction du mouillage de Culatra, vent arrière. Les derniers nautiques sont parcourus à bonne vitesse.
Le mouillage est assez rempli, les voiliers présents tirent sur leurs chaines. Il y a des bateaux habités et d'autres qui semblent fermés. En d'autres termes, ce mouillage est décrit comme parfaitement sûr car la lagune protège très bien le plan d'eau quelle que soit la direction et la force du vent. Nous faisons deux ou trois ronds dans l'eau pour choisir là où nous poserons l'ancre en toute sécurité pour Sea You comme pour nos voisins.
Sea You est à l'ancre, nous attendons d'être sûr qu'elle ait bien croché puis mettons l'annexe à l'eau pour aller à terre.
Nous découvrons Culatra, y restons pour dîner et prenons la sage décision de revenir à terre demain matin pour aller terminer de découvrir les rues dans le sable et tester la mer côté océan...
Quel souvenir attaché à Culatra ?
Sur le plan matériel, il est possible de compléter son avitaillement : il existe au moins une petite échoppe. Néanmoins, tout comme le prix des restaurants, ces petits magasins pratiquent des tarifs élevés.
Le débarquement dans le port avec l'annexe n'est pas très facile, sauf à trouver un petit espace pour la laisser : il faut tenir compte du marnage, la plage est assez inclinée et pas très propre...
J'ai eu l'impression sympatique de retrouver des ambiances rustiques de certains maquis d'Afrique de l'ouest.
J'ai beaucoup aimé !

Aprés la promenade sur l'océan jusqu'aux plages, suivi de la baignade matinale de Cécile, l'équipage a remonté l'ancre pour rejoindre le chantier de Nave Pegos au moteur. L'itinéraire est très bien balisé de bouée en bouée jusqu'à la fameuse bouée 23. Nous devions arriver vers 15h00. Nous sommes arrivés à l'heure et avons attendu, attendu, attendu... s'il n'avait fallu que s'arrêter et attendre, c'eut été simple... c'était sans compter le courant et la profondeur du chenal. Nous avons fait des dizaines de cercles carrés en raison de la marée et des bateaux mouillés dans la zone de la bouée 23... et chaque bord nécessitait beaucoup d'attention pour bien arrondir les obstacles (bateaux au mouillage, petites bouées, etc.). La profondeur du chenal est en son milieu d'environ 6 m, ce qui est confortable in se. Mais en revanche, la remontée des fonds lorsque l'on s'éloigne du centre est difficile à appréhender. Ainsi lors d'un bord carré nous nous sommes sortis de l'axe du chenal et moins de 10 m plus loin, nous nous sommes échoués et il a fallu du moteur et du temps pour nous dégager de la vase.
Et le chantier est arrivé... nous étions en train de nous demander si nous pourrions sortir de l'eau cette après-midi... Car l'avion étant le lendemain vers midi, ne pas être à terre ce soir signifiait le rater. Le retard était simplement dû à l'un des bateaux gruttés qui n'avait plus de batterie et plus de GO. Le temps d'y remédier... Nous aurions aimé avoir plus d'explications car il est déagréable d'attendre sans comprendre dans un coin inconnu.
Le youyou de Nave Pegos éclairait deux voiliers descendants. Une fois les deux voiliers libérés à la bouée 23, ce fut à nous de suivre la barque dans le dédale des perches qui mènent au lieu de la sortie de l'eau.
A l'arrivée, nous avons pu constater la disponibilité du personnel lors de la sortie de l'eau. le voilier rentrait tout juste dans la forme et dans la grue. Au dernier moment, le responsable du gruttage m'explique qu'il faut démonter le mât de l'éolienne pour pouvoir désengager la grue une fois posé sur son berre. Le démonter... c'est à dire déboulonner l'embase en se contorsionnant dans le coffre arrière tribord, faire sauter le joint qui assure l'étanchété du pied... Bref, petite montée en pression d'autant que j'avais envoyé les photos du dispositif sur le bossoir de Sea You, comme demandé. Je m'oppose donc au démontage et le chef du chantier accepte de conduire Sea You à son poste et d'aviser sur place. Finalement, on en vient à l'idée de mettre 25 cm de cales sous une roue pour réhausser la barre transversale de la grue et... à deux ou 3 cm près le lift a pu être sorti. Fin de l'épisode et enregistrement de la méthode pour la future remise à l'eau.
Que dire du chantier ?
Joana l'assistante parle un remarquable français et cela aide beaucoup, elle est fort aidante.
le chantier est un lieu de stockage bien sécurisé où se retrouvent des navigateurs en grande croisière, il n'y a pas d'ateliers pour réparer et je n'ai pas réussi à faire venir quelqu'un pour réparer la capote du voilier. Par ailleurs, les bornes à eau ne sont équipées qu'en robinet - poussoir. Pour remplir les cuves, c'est un peu fastidieux.
les installation santaires sont propres mais rustiques. Quand il fait chaud, elles peuvent vite devenir une fournaise. on sent bien qu'il faut être très attentif à la consommation d'eau.
Et pour finir, nous avons terminé la journée par un tour de Faro qui mérite de s'y arrêter. Le vieux centre-ville est magnifique. Nous avons beaucoup aimé.
En conclusion, vous pourriez vous demander pourquoi sommes-nous allés à Nave Pegos, un chantier accessible qu'à marée haute, avec un certain nombre de contraintes... et bien d'abord parce qu'il a une excellente réputation, qu'il est raisonnable en termes de prix et se trouve à 10 mn de l'aéroport... Donc, très facile d'accès !
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