De Majorque (Alcudia) à Alghero

Ce 14 juillet, un peu comme l'an dernier, Geoffroy et moi convergeons vers Alcudia. Cette année, le format est un peu différent puisque nous avons deux nouveaux venus : Gatien, notre jeune gendre mari de Philippine, et Louis-Ghislain fils de Geoffroy. Cette fois-ci, nous ne nous sommes pas donnés rendez-vous dans un aéroport mais directement sur le bateau car chacun arrive d'une destination différente. Votre serviteur décolle de Nantes, Gatien d'Orly et les Hartmann de Roissy.
Un voyage aérien de rêve direct à destination de Palma, puis le bus de Palma à Alcudia. Il faisait chaud en Bretagne, il fait toujours chaud en arrivant à Majorque. La route se fait de nuit sans profiter de la campagne environnante. Les invités arrivent vers 1h00 du matin. La nuit est étouffante dans le bateau, les jeunes décident dépasser leur première nuit sur le pont du voilier.

Si Alcudiamar reste un port horriblement cher, heureusement, la qualité des prestations est au rendez-vous. Une fois mis à l'eau, Sea You rejoint un poste pour passer la nuit et permettre à l'équipage de procéder à la fois à l'avitaillement et aux derniers tests et réglages avant l'appareillage. Les dernières courses sont effectuées avec une attention pour le vin, car on ne rigole plus depuis que nous avons un expert œnologue à bord.
L'équipage se retrouve pour dîner dans l'arrière-port d'Alcudia guidé par un critère essentiel dans le choix du restaurant : qu'il ait une salle climatisée... Nous l'avons trouvé et culinaire,ment parlant nous n'avons pas été déçus.
Ici; à Alcudia, il faut composer jour et nuit avec la chaleur. Elle ralentit gestes et réflexion, voire les annihilent... et précipite notre envie de quitter l'île.
Le lendemain 16 août, bravant monstres marins et Goubelins, l'équipage de Sea You s'élance vers les Terres mystérieuses sardes et pour nous marins. Au moment fr l'appareillage, il demeure toujours la crainte de cet inconnu au-delà de l'horizon, là où la carte s’arrête et où chutent dans le vide sidéral les navigateurs.

Les premiers nautiques se font au moteur pour faciliter la sortie du golfe d'Alcudia ; lequel génère une bulle de pétole. Bien vite un vent du sud-sud-est se lève et nous permet un cap qui mène Sea You sur les cotes nord de Minorque. Pendant qu'elles défilent nous dînons d'un bon BBQ puis prenons les dispositions pour la nuit.
Nous sommes à 200 nm d'Alghero, après avoir eu un vent faiblissant au moment du dîner, celui-ci se réveille au passage du cap Cavalleria et va nous gratifier de son flux jusqu'au lendemain dans la journée. Les 6 ou 7 premières heures de nuit se font sous une bonne brise de sud-est qui nous permettent une vitesse moyenne autour de 7 kts.
dans le cockpit Gatien est en position du "guetteur aérien". De temps en temps il émerge pour replonger dans la nuit comateuse.

Matinée du 19 : le vent a un peu faiblit, il est désormais de secteur Nord-Ouest et nous sommes donc quasi vent-arrière. Durant la nuit, le vent a fait presque le tour du cadran. Il nous a surtout permis de ne pas avoir recours au moteur.
La journée est paisible; avec des épisodes de pétole jusqu'au moment où Eole nous permet d'envoyer notre nouveau magnifique spi rouge.
Toute belle aventure ayant une fin, il est finalement amené et la dernière nuit se fait par épisode de vent de cale.
Au petit matin, la Sardaigne se dévoile découvrant les escarpements bordant le nord d'Alghero. Nous sommes à poste vers 09h00 du matin après avoir quelque peu airé dans le port dont l'organisation n'a rien de commun avec les nôtres et ceux d'Espagne ou du Portugal. Ici, les pontons sont délégués à des exploitants; le style est franchement méditerranéen : une savante organisation désorganisée fonctionne sans que ce soit désagréable. Second sujet de cette arrivée, la prise de poste au port municipal. Nous n'avons pas eu de chance, mais alors pas du tout : le préposé nous voyant arrivé nous a expliqué que toutes les places à quai étaient réservées en raison d'une course qui débuterait demain matin à 6h00. II fallait donc aller voir ailleurs. Je vous rassure, le lendemain matin, nous n'avons rien vu... Peut-être s'agissait-il d'une course nautique sans bateau ?
En tout cas, une fois amarrés, remise en condition avant d'aller arpenter la ville l'après-midi.
Alghero mérite assurément une escale. J'avais vu des commentaires particulièrement enthousiastes sur la ville dans une vidéo réalisée par un couple descendant la cote ouest de Sardaigne. Nous n'avons pas été déçus. Alghero est une jolie petite citée fortifiée face à la mer d'origine espagnole. Elle ne peu cacher son origine.
Dimanche matin, à l'occasion du service dominical, nous avons découvert la cathédrale Sainte Marie Immaculée devant laquelle nous étions passés la veille puis avons complété l'avitaillement pour pouvoir décoller vers Bosa en début d'après-midi.
Et comme tout commence par un apéro...




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